La Blanche

 

Tu vas le voir tous les jeudis,

En principe dans l’après midi,

Le cœur bien serré au parloir,

Il attend le long du couloir,

 

Tu t’inquiètes, qu’est-ce qu’il va dire,

Te redire ou bien t’interdire?

Chaque semaine il a un espoir,

Te voir, lui c’est le désespoir,

 

Il craint que tu fasses un faux pas,

Même de ce qui n’existe pas,

Si tu redoutes les tête-à tête,

C’est à cause de sa pauvre tête;

 

Il parle souvent de sa grand-mère,

Sans visite, sans point de repère,

Les murs sans âme, c’est bien l’exil,

Il voudrait tant revoir son île,

 

A coté de sa terre d’Afrique,

Latérite couleur de la  brique,

Promet de ne plus y toucher,

Pour ne plus encor tout gâcher,

 

La nuit tu écris des poèmes,

Que tu déchires à l’aube blême,

Tu souhaites caresser sa peau,

Ne t’inquiètes pas c’est pour bientôt;

 

Tu vas le voir tous les jeudis,

En principe dans l’après midi,

Le cœur bien serré au parloir,

Il attend le long du couloir,

 

Je sais qu’il verra le printemps,

La liberté dans peu de temps,

S’il reste bien dans la lumière,

Il redeviendra comme hier,

 

Et c’est un bouquet d’immortelle,

Qu’il t’offrira Mademoiselle,

En mettant la main sur tes hanches,

Pour ne plus toucher à la blanche.

 

 

 

3 réponses

  1. Mes bravo Pierre pour ce poème tranchant et douloureux, puis pourtant rempli d’espoir derrière le trou noir d’un parloir, il y a lui il y a elle, quelque mots échangés, elle repart dans sa solitude et lui reste avec les remord et les regrets ou simplement rien le néant

    Douce soirée je t’embrasse

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