Le Marin

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Le matelot fume sa pipe,

Hume la mer et  le varech,

Il s’essuie d’un revers la lippe,

Grand et maigre comme le fruit sec,

On peut lire dans ses yeux clairs,

Qu’il a le regret de la mer, 

Le matelot aspire le large,

Les souvenirs que la mer garde,

Lui reviennent quand il voit les barges,

Il tire plus fort sur sa bouffarde,

Puis ses yeux de couleur absinthe,

Fixent l’océan qui se teinte ;

 

Il en a connu des marins,

Au temps de la chasse aux baleines,

Avec Filou et Séverin,

C’était souvent une année pleine,

Et quand il revoyait le port,

Il avait toujours des remords,

D’avoir rompu avec Margot,

Une serveuse au visage blême,

Qu’il fréquentait aux deux Magots,

A qui il avait dit : je t’aime,

En lui parlant d’abordages,

De brise-lames et de naufrages ;

 

Le matelot fume sa pipe,

Hume son tabac et la brise,

Il s’essuie d’un revers la lippe,

Songe aux hommes que la mer a pris,

Ceux qui ont touché le grand fond,

Qui dorment dans les goémons,

Il se revoit en moussaillon,

Sur le bastingage du bateau,

Responsable du pavillon,

Il préservait les baleineaux,

Mais… On ne chasse plus la baleine,

Les cétacés en ont d’la veine ;

 

Demain il s’en ira au port,

Au bar du Quimper Corentin,

Il fixera jusqu’à l’aurore,

L’âme en peine un verre à la main,               

L’océan dans un verre d’absinthe,

Pour noyer ses passions défuntes,

Petite Margot reste sereine,

Si tu croises un jour son chemin,

Petite Margot n’ait pas de haine,

Bien au contraire donne lui la main,

Y’a de l’amour en demi-teinte,

De versé dans un verre d’absinthe.

 

 

 

 

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